Saint-Saëns, musiques de chambre


Premier mouvement


L’Opéra Volubilis Orquestra propose un programme entièrement consacré à Saint-Saëns qui permettra à l’ensemble orchestral de se construire sous les yeux des spectateurs : au fil des
morceaux, de nouveaux instrumentistes viendront l’étoffer pour atteindre l’effectif final.

Programme
Ce programme sera présenté au public.
Durée totale : 1 heure 30.


Le Déluge, op. 45 (1876)


– Prélude
Ce poème biblique en trois parties précédées d’un prélude est le deuxième des trois oratorios que composa Camille Saint-Saëns. Il repose sur un poème de Louis Gallet, dont Saint-Saëns a fait la connaissance à l’occasion de la composition de La Princesse jaune, mais c’est Saint-Saëns qui, frappé
par la phrase « Et Dieu se repentit d’avoir créé le monde » – sans doute parce qu’il s’agit d’un alexandrin – proposa au poète de mettre en vers le récit biblique pour composer un Déluge.
L’œuvre fut créée le 5 mars 1876 au Théâtre du Châtelet dans le cadre des Concerts Colonne.
Chahutée lors de sa création – on reprocha à Saint-Saëns son parti pris symphonique, l’absence de mélodies et d’émotion – elle connut ensuite une belle carrière, notamment outre-Manche, où la tradition de l’oratorio est mieux ancrée. Saint-Saëns en écrivit en 1877 une transcription pour piano et violon.
Le prélude en mi mineur qui ouvre l’œuvre commence par un fugato empreint de gravité auquel succède un solo de violon gracieux, lyrique, dont le thème réapparaît plus loin dans l’œuvre. Ce prélude contrasté devint rapidement une pièce souvent interprétée en concert.


La Danse macabre, op. 40 (1874)

Ce poème symphonique fut créé le 4 janvier au théâtre du Châtelet dans le cadre des concerts Colonne. Il est basé sur une mélodie éponyme que Saint-Saëns composa en 1872 sur le poème « Égalité, Fraternité » d’Henri Cazalis.
Saint-Saëns dédia son œuvre à Caroline Montigny-Rémaury, (1843-1913), célèbre pianiste virtuose et amie fidèle, avant d’en écrire une réduction pour deux pianos l’année suivante. Franz Liszt en écrivit une transcription pour piano qu’il adressa au compositeur accompagnée d’une lettre où il le priait d’excuser son « inhabileté à réduire au piano le merveilleux coloris de la partition. »
Bissée mais froidement accueillie par la critique, la Danse macabre devint rapidement l’une des œuvres les plus jouées de Saint-Saëns, soit en version orchestrale soit sous la forme de transcriptions pour instruments divers écrites par d’autres compositeurs. L’œuvre a été parfois chorégraphiée,
ce que ne semblait pas approuver Saint-Saëns : « j’ai assisté à la chorégraphication de la Danse Macabre. C’est simplement idiot.1 » déclara-t-il un jour à son éditeur.



1 Saint-Saëns C., lettre à Jacques Durand du 28 juin 1912.

Le Carnaval des animaux (1886)

– Le Cygne
Le Cygne est la treizième des quatorze parties que compte Le Carnaval des animaux, « grande fantaisie zoologique » composée en février 1886 pour le Mardi Gras de 1887. Saint-Saëns avait initialement destiné Le Carnaval à ses élèves de l’École Niedermeyer, mais décida d’en faire une surprise que le violoncelliste Charles Lebouc devait glisser dans le programme de son concert annuel.
L’éminent soliste la créa au Concert Érard le 9 mars 1887.
Saint-Saëns voyait dans son Carnaval une « drôlerie2 ». Il refusa de faire la faire publier de son vivant, à l’exception du Cygne, qui connut un immense succès. « Le monde entier joue le Cygne » écrit-il à on éditeur3. Cette pièce avec solo de violoncelle fut en effet arrangée pour les instruments les plus
divers. Le Cygne fit aussi une belle carrière sur scène : de nombreuses ballerines, dont la célèbre Pavlova, s’en emparèrent pour l’interpréter sous le titre La Mort du Cygne – « je n’ai jamais pensé qu’à prendre un Cygne bien vivant, les ailes entrouvertes, nageant paisiblement sur un lac 4 », se
récriait Saint-Saëns.


Sarabande et rigaudon, pour orchestre, op. 93 (1892)

Terminée en octobre 1892, cette composition est basée sur une partition de Marc-Antoine Charpentier que Saint-Saëns compléta et arrangea pour une représentation du Malade imaginaire, de Molière, donnée à l’Odéon le 28 novembre 1892.
Elle est dédiée à Monsieur Porel, surnom de Paul-Désiré Parfouru, qui était alors directeur de ce théâtre.
Introduction et Rondo capriccioso, pour violon et orchestre, op. 28 (1863)
Cette pièce composée en 1863 devait servir de Finale au Concerto pour violon no 1 en la majeur, op. 20 mais connut un si grand succès lors de sa création le 27 mars 1867, soit huit jours avant le Concerto complet, qu’elle fut publiée en morceau séparé.
Elle est dédiée au violoniste virtuose Pablo de Sarasate, qui la créa avec Saint-Saëns. Ce fut une des œuvres les plus jouées du vivant de ce dernier, lequel reconnaissait bien volontiers que, si sa musique pour violon avait tant de succès, il le devait à Sarasate, avec qui il joua souvent et à qui il
dédia deux autres œuvres.


2 Saint-Saëns C., lettre à Henri Lemoine du 13 mai 1886.
3 Saint-Saëns C., lettre à Jacques Durand du 24 janvier 1907.
4 Saint-Saëns C., lettre à Jacques Durand du 24 janvier 1907.

La Muse et le Poète, pour violon, violoncelle et orchestre, op. 132 (1910)

Saint-Saëns acheva la première version de cet oeuvre – un duo accompagné au piano – le 16 décembre 1909 lors d’un séjour automnal au Caire. C’est sous cette forme initiale que l’oeuvre fut créée au Queen’s Hall de Londres le 7 juin 1910 par le célèbre violoncelliste Joseph Hollman, avec Eugène Ysaÿe au violon et le compositeur en personne au piano. La création française eut lieu le 20 octobre 1910 à Paris, au Théâtre Sarah-Bernhardt, dans une version orchestrale. Elle connut un grand succès et fut reprise du vivant de Saint-Saëns par divers interprètes dont Pablo Casals.
Une fois la pièce achevée, c’est Jacques Durand, l’éditeur de Saint-Saëns, qui aurait imposé le titre La
Muse et le Poète, référence au dialogue entre la muse et le poète des Nuits d’Alfred de Musset : l’année 1910 correspond en effet au centenaire de Musset et Saint-Saëns est né l’année même où le poète publiait, dans la Revue des deux mondes, La Nuit de mai.
Pourtant, davantage qu’une musique à programme, il s’agit d’une conversation informelle entre deux solistes. Cette pièce concertante en un seul mouvement ne correspond à aucun genre précis, si ce n’est peut-être à la rhapsodie. Saint-Saëns lui-même lui avait donné pour titre provisoire « Esquisse ».


Havanaise pour violon et orchestre, op 83 (1887)

Saint-Saëns aurait eu l’idée de cette pièce en 1885, pendant une tournée avec le violoniste havanais Rafael Díaz Albertini au cours de laquelle ils jouaient ensemble une habanera de Sarasate. Díaz Albertini composa d’ailleurs lui-même un trait de violon de la Havanaise de Saint-Saëns, laquelle fut d’abord écrite dans une version violon piano en 1887. Saint-Saëns l’orchestra en 1888 et c’est sous cette forme qu’elle fut créée au Théâtre du Châtelet le 7 janvier 1894, par le violoniste Martin-Pierre
Marsick et l’orchestre des Concerts Colonne sous la baguette d’Édouard Colonne. Cette pièce d’inspiration hispano-caribéenne connut un vif succès et fut vite adoptée par les plus brillants violonistes.
Basée, comme son nom l’indique, sur un rythme de habanera, elle se compose d’un seul mouvement, un Allegretto lusinghiero, au cours duquel le tempo change à plusieurs reprises (Allegro – Tempo primo – Allegretto – Allegro non troppo – Più Allegro – Allegretto – Lento).

Opéra Volubilis Orquestra

Alain Moglia, violon solo
Benjamin Viguier, Audrey Irles, Roxane Kowalski, Justine Vicens, violon
Diane Dubon, Aude Massat, Sylvia Blondeau, alto
Isabelle Massat-Nazon, Mélody Giot, violoncelle
Emma Folcher, contrebasse


Musiciens invités


Luc Dedreuil, violoncelle solo
Lucie Carton et Tessa Vidal, violon
Marie-Anne Hovasse, alto
Jean-David Hovasse, contrebasse


Mozart Beethoven, Filiació Op1
musiques de chambre

Programme


Wolfgang Amadeus Mozart (1756,1791)


Divertimento en fa majeur, K 136 14’00
Divertimento en trois mouvements :
  . Allegro
  . Andante
  . Presto


Divertimento en fa majeur, K 138 10’02
Divertimento en trois mouvements :
  . Allegro
  . Andante
  . Presto
Rondo en do majeur pour violon et orchestre, KV.373 06’00 15’00


Ludwig van Beethoven (1770-1827)


Concerto pour violon opus 61, en r  majeur 45’36
Concerto en trois mouvements :
  . Allegro ma non troppo,
  . Larghetto,
  . Rondo, allegro

Création 2021
Opéra Volubilis Orquestra

Alain Moglia, violon solo
Lucie Carton, Roxane Kowalski, Benjamin Viguier, Audrey Irles,
Justine Vicens, Thais Vidal , Laurent Gautie, Aude Massat, Mélody Giot, Isabelle Massat-Nazon, Jean David Hovasse, Emma Folcher.
Présentatrice du programme Florence Guillemat-Szarvas
Direction Artistique de Karim ARRIM